Maxime, chevrier paysan

Perchée à plus de 800 mètres d’altitude, c’est à la ferme des Servannières, dans la commune de Sainte-Catherine, que Maxime Collet exerce son activité de chevrier paysan. Fondée par ses parents en 1976, la ferme fête cette année ses cinquante années d’existence. 

Maxime y développe une agriculture biologique. Il explique notamment une des particularités de la ferme : laisser les cabris sous leurs mères, si elles le veulent. Il remarque que la symbiose entre la mère et les petits leur procure une meilleure santé :

 “Quand on sépare son petit de la mère, la santé de l’animal peut se dégrader. À partir du moment où il y a eu toute cette vie dans la chèvrerie, on a senti la santé s’améliorer dans le troupeau”.

Plus jeune, il dit qu’il voulait tout faire sauf paysan. Son baccalauréat en poche, il a filé à Lyon pour suivre des études d’histoire au milieu des années 2000, et s’est progressivement éveillé aux intérêts du monde agricole. Lors des mouvements étudiants, notamment contre la loi sur le contrat première embauche, cet intérêt est apparu encore plus clair :

C’est à partir de là que je suis entré en agriculture: la politique politicienne ne m’allait pas du tout, j’ai compris très vite qu’on n’obtenait pas grand chose avec la lutte dans les manifestations. J’avais envie d’être acteur et d’aller dans le concret, et j’avais cette chance d’avoir cette ferme familiale.

Dans un monde agricole dominé par une vision productiviste, il préfère rester à une échelle humaine. Le terme de rentabilité le dérange fortement : il lui préfère celui de viabilité, dans un souci de rapport au vivant. 

Je ne suis pas producteur, je ne produis pas : je suis éleveur de chèvres, fabricant de fromage, mais les productrices de lait, ce sont les chèvres”.

Le prochain projet de la ferme ? Participer à l’ouverture d’une SCOP vouée à devenir un restaurant-ferme paysanne dans la commune de Sainte-Catherine. Cheffe-cuisinière, sa femme Selena souhaite promouvoir les produits locaux en circuit ultra-court, et bénéficie d’un enthousiasme du côté de la mairie. 

Une émission Radio Anthropocène présentée par Laetitia Chalandon (Mâchon pas les mots). Avec Maxime Collet, ferme des Servannières. 


Sources du Podcast : 

INA – Les Chevriers de Paris 1978. Extrait d’un reportage France 3 Bordeaux. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/rbc05059615/les-chevriers-de-paris

Bernard Lambert, porte-parole du syndicat des Travailleurs Paysans. Bernard Lambert dénonce la politique agricole menée depuis la Seconde Guerre mondiale. Les élections des Chambres d’Agriculture sont pour lui l’occasion de donner la parole aux paysans et de remettre en question ce système. 19 janvier 1983, Journal TV France 3.
https://fresques.ina.fr/ouest-en-memoire/fiche-media/Region00096/bernard-lambert-porte-parole-du-syndicat-des-travailleurs-paysans.html

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