Faut-il souffrir pour créer ?

La santé mentale est devenue un sujet central dans nos sociétés. Et la musique, comme les autres formes d’art, y joue un rôle paradoxal. Derrière les œuvres qui parlent de santé mentale, il y a des personnes qui, souvent, s’épuisent pour les produire.

« Le public a ce besoin de fête, donc je dois aller bien sur scène, apporter de la force et de l’énergie, montrer quelque chose pour les autres. » – DJ Pompompom

Rythmes instables, pression économique, exposition permanente, injonction à la performance, comparaison continue, précarité structurelle, confusion entre identité personnelle et image publique… L’industrie culturelle peut devenir un environnement où l’on doit rester fragile pour rester intéressant, vulnérable pour rester visible, intense pour rester légitime.

J’ai capté récemment qu’avant la Cindy artiste, il y a la Cindy qui adore cuisiner… Il ne faut pas que j’oublie cette connexion aux choses que j’aime, qui précèdent mon geste artistique.” – Cindy Pooch

Comment l’art peut-il devenir un outil de soin collectif sans sacrifier celles et ceux qui le fabriquent ? Pourquoi la souffrance reste-t-elle si valorisée dans les récits artistiques ? Et surtout : peut-on imaginer un écosystème culturel où créer ferait du bien, autant au public qu’aux artistes ?

Afin de les différencier des humains, on a beaucoup construit les artistes comme des êtres qui doivent souffrir. L’artiste doit faire vivre quelque chose de cathartique.” – Mélanie Gosse

Pour la dernière de cette saison, Camille Viguié reçoit DJ Pompompom, artiste DJ, Cindy Pooch, chanteuse et compositrice, et Mélanie Gosse, psychanalyste et psychologue clinicienne.

Une émission enregistrée pendant la 8e édition du festival À l’école de l’Anthropocène.

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