Devenir parents dans la musique, le prix de la vulnérabilité

Dans l’imaginaire collectif, la scène musicale est synonyme de liberté, de créativité, de nuits sans fin, d’audace et de transgression. Mais pour les artistes qui deviennent mères, cette liberté se heurte brutalement à une réalité : l’industrie musicale n’a jamais été pensée pour les corps qui enfantent.

Quand on est artiste, on doit montrer une sorte d’avatar, qui n’est pas vraiment nous-même

Tournées interminables, cachets précaires, horaires à rallonge, injonction à être “disponible 24/7”, sexualisation permanente des corps féminins, absence totale de structures de garde sur les lieux de création… La maternité y est souvent perçue comme un risque, un retard, voire une faute professionnelle.

La maternité devrait permettre d’ouvrir des cachets basés sur une plus grande diversité d’activités, que l’on fait presque toutes et tous en tant qu’artistes.” 

Alors que beaucoup d’hommes deviennent pères sans que cela n’impacte leur carrière — ou même renforce leur aura publique — les musiciennes et techniciennes doivent jongler entre injonctions contradictoires : rester “désirable”, rester “vendeuse”, rester “bankable”, ne pas “disparaître” trop longtemps, ne pas “peser” sur les équipes, ne pas parler trop fort de leurs besoins.

Projet artistique, carrière dans l’industrie et projet parental entrent en collision, non pas par nature, mais par construction sociale : la difficulté des congés maternité adaptés au statut d’intermittente, perte de revenus, ruptures de contrats, culpabilisation tacite par les labels, festivals ou managers.

Alors :

  • Pourquoi la maternité reste-t-elle un angle mort dans la musique ?
  • Quels sont les mécanismes industriels, économiques et culturels qui maintiennent ce tabou ?
  • Comment imaginer des modèles réellement inclusifs, solidaires et féministes dans la scène musicale ?

Face à une industrie qui prône l’égalité sur ses affiches, mais peine à l’incarner dans ses structures, il est urgent d’interroger nos récits, de défaire les mythes du “génie créateur solitaire” et de reconnaître la parentalité comme une richesse — pas comme un handicap.

Avec Catherine Agbokou – médecin du travail chez Thalie Santé
Pauline Le Caignec aka KCIDY – artiste musicienne
Amandine Thiriet – Cofondatrice du mouvement des Matermittentes, artiste
Jaquemine Geffrault – régisseuse générale au Fourneau, membre du collectif les Matermittentes

Animée par Camille Viguié.

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