Entretien : Quand la côte s’efface

L’observation du trait de côte, cette ligne mouvante qui sépare le milieu continental du milieu marin, permet de surveiller l’érosion du littoral. 

Cette érosion des côtes est un phénomène ancien mesuré depuis plusieurs décennies. 

Cependant, les chercheur·euses anticipent une accélération qui pose des problèmes grandissants en termes d’occupation des bords de mer, qui tout au long du siècle dernier ont été sur-urbanisés partout dans le monde.

François Sabatier revient sur le processus de l’érosion, qui a façonné les falaises d’Étretat : du creusement d’une grotte, l’érosion s’intensifie jusqu’à former une arche, laquelle va finalement s’écrouler en laissant une structure isolée entourée d’eau, les fameuses aiguilles, s’érodant dans le temps. Ce processus s’effectue en plusieurs centaines voire milliers d’années. Il est dû non pas seulement à une érosion maritime, mais également aux phénomènes continentaux.

De manière générale, on est au début du changement climatique, et malgré ça, l’érosion est quand même présente. A cela vient s’ajouter la montée du niveau de la mer. Dans le premier quart du XXIe siècle, on a doublé la vitesse de montée du niveau de la mer du XXe siècle.

Face au recul du trait de côte, il explique les solutions mises en place : 

Jusqu’à présent, on utilisait des techniques lourdes d’enrochement. On se dirige aujourd’hui vers des solutions différentes : les solutions fondées sur la nature. Un exemple robuste en Méditerranée : l’herbier de Posidonie, dont la présence limite la force des vagues. À l’automne, cette plante perd ses feuilles, qui créent des banquettes sur la plage. Cette accumulation de feuilles sur la plage va protéger la plage des grandes vagues pendant l’hiver. Certaines communes ont décidé de les laisser l’hiver, et de les enlever juste avant la saison touristique.

Un entretien mené par Lou Herrmann

Avec François Sabatier, Avec François Sabatier, membre de l’Institut OCEAN, responsable du master COAST à Aix-Marseille Université. Ses recherches se concentrent sur l’observation, la quantification et la prévision de l’érosion côtière.

(Image : Claude Monet, Etretat, la Manneporte, 1883. Photo © The Metropolitan Museum of Art, Dist. GrandPalaisRmn / image of the MMA)

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