Cité Anthropocène, en partenariat avec Tribune de Lyon, Lyon Décideurs et Extra l’Agence et avec le soutien de la Fondation Innovation et Transitions, lance l’Odéon Club !
Chaque mois, une heure à la Comédie Odéon pour commencer la matinée avec une longueur d’avance, en réfléchissant collectivement aux enjeux qui façonnent nos sociétés.
Avant de débuter le premier cycle “Vers une société désinformée” d’ici le 23 avril, l’Odéon Club a été ouvert ce mercredi 1er avril par une contribution de Bruno Lina, virologue, président de l’Université Claude Bernard Lyon 1, directeur du laboratoire de virologie des hospices civiles de Lyon et membre du conseil scientifique durant la période Covid.
Au micro de Florian Fompérie, Bruno Lina est revenu sur les premières semaines de la période covid et du rôle du conseil scientifique dans le confinement en France.
“La décision n’était pas très simple, car elle se télescopait avec les élections municipales. La contestation était légitime : les scientifiques empêchaient la démocratie de s’exprimer”.
Une expérience de la conversation entre les mondes politique et scientifique, qui a permis à la France, selon Bruno Lina, d’avoir l’une des meilleures gestions de l’épidémie en Europe.
“Le monde politique a décidé de rouvrir les écoles, et ils ont eu raison. C’est là que le monde scientifique, quand on est dans une dimension de décision politique, doit rester à sa place”.
Une expérience intense pour le virologue, durant laquelle il a été convié à de nombreux plateaux télévisés pour faire état de l’avancement du virus et des projections à venir. Si incertitude et temps long sont aux fondements de la recherche, ils sont aux antipodes du fonctionnement des médias. Citant le physicien Etienne Klein, il évoque en effet une période durant laquelle les vérités alternatives ont déferlé.
“Quand on a l’impression qu’on commence à comprendre, c’est là qu’on part dans des délires interprétatifs. Etienne Klein parle d’ultracrépidarianisme : moins on connaît un sujet, plus on a l’impression que l’on peut dire des choses fortes dessus.”
Interrogé par Florian Fompérie sur les coupes budgétaires dans la recherche, il précise que l’université n’est pas seulement un lieu de formation, mais également de recherche : les laboratoires tels que le CNRS ou encore le CERN y sont rattachés. Ce faisant, les coupes budgétaires à l’université endommagent les moyens de la recherche, et sont, selon lui, économiquement incohérentes :
“Un euro investi à l’université rapporte trois euros à la société, c’est ce qui génère le plus d’argent en terme de levier économique”.
Il termine son intervention par rappeler l’importance de la recherche sans finalité : c’est elle qui, ensuite, alimente la recherche à finalité. Ainsi, freiner la recherche fondamentale, sans finalité, revient à stopper la recherche dans son entièreté car la nouveauté est impossible.
Poursuivie par un temps d’échange, la rencontre a permis à toutes et tous d’appréhender les rapports entre mondes politique et scientifique sous de nouvelles perspectives.
Les rencontres de l’Odéon Club sont à retrouver en podcast sur toutes les plateformes de streaming audio.


