Hugo Rochard est géographe spécialiste des initiatives collectives de renaturation urbaine. Il revient sur ses recherches au micro de Clara Lyonnais-Voutaz.
Son intérêt pour les questions de biodiversité en ville remonte au master. après avoir réalisé deux stages à Paris et à Vancouver, il se lance dans un doctorat avec comme objets d’études trois collectifs : Blue Forest et Haie Magique en région parisienne, et Gowanus Canal Conservancy à Brooklyn, New-York. Cette étude croisée, il l’explique par des conceptions différentes de la place du citoyen et de la citoyenne dans la transformation de la ville. Il note ainsi :
“À New York, l’histoire des mobilisations habitantes et du community organising a été un terreau fertile pour l’émergence de ces initiatives. Les partenariats entre la sphère publique et la sphère civique sont plus institués qu’en France.”
Il remarque, pendant ses recherches, que le profil des personnes s’investissant dans ces projets est divers : allant des CSP + aux scolaires, en passant par les bénéficiaires de logements sociaux et même les sans-abris, il évoque des initiatives brassant tous types de population. A propos de Haie Magique, il explique :
“Quand iels vont planter une haie au pied d’un immeuble, on va retrouver ces bénéficiaires, des habitant·es, des vieux·illes, des jeunes, et même des ami·es ou militant·es du collectif Haie Magique, dont certain·es font partie de l’opposition municipale. C’est une hétérogénéité de classes, qui s’hybrident autour d’une action commune. C’est un résultat de l’action collective sur son versant humain.”
Des projets citoyens qui influent directement sur la biodiversité et sur sa prise en compte par l’action publique :
“Les acteurs publics reprennent des éléments du discours de ces collectifs et des méthodes de plantation, de pratiques de gestion dans leurs propres documents de planification, d’aménagement ou de gestion. C’est une forme d’institutionnalisation des pratiques citoyennes.”
“Ces collectifs contribuent à augmenter la biodiversité en variant les espèces et en maximisant certaines fonctionnalités écologiques, ou aussi en contribuant aux connectivités pour le déplacement de certaines espèces”.
Il évoque une institutionnalisation des partenariats, qui se retrouve parfois mise à mal par des logiques différentes entre acteur.ices citoyen.nes et acteur.ices public.ques, les derniers étant parfois tributaire du contexte politique et électoral. Il indique tout de même :
“On peut parler d’une nouvelle forme de gouvernance coopérative, qui aboutit à la coproduction des espaces de nature en ville entre des acteur·ices citoyen·nes et des acteurs publics.”
Une émission La chèvre et le chou présentée par Clara Lyonnais-Voutaz, à retrouver sur toutes les plateformes de streaming audio.


