Le réemploi est, selon l’ADEME, un levier phare de ce qu’on appelle économie circulaire.
Il s’agit d’une démarche mobilisable dans la construction de bâtiments énergétiquement performants. On ne mesure alors pas uniquement les consommations d’un bâtiment à l’occasion de son fonctionnement, mais également celles engendrées par sa fabrication.
Frédérick Denise distingue le réemploi in-situ et ex-situ. Si le premier concerne le renouvellement sur lui-même d’un bâtiment, le second témoigne d’une volonté propre des concepteurs d’un projet, utilisant des matériaux provenant de lieux tiers.
Mais qu’en est-il de l’énergie ?
“L’énergie peut elle-même faire l’objet d’un réemploi : on parle alors d’énergie de récupération. Il s’agit de valoriser la chaleur émise par l’activité industrielle ou l’incinération des déchets afin de la réinjecter dans les réseaux urbains, sinon quoi elle serait perdue.”
Cette économie semble générer un nouveau paradigme. On chercherait en son sein à qualifier les besoins et à ensuite trouver des moyens d’y répondre en fonction des ressources dont on dispose. La promesse de ce modèle économique inverse la tendance : nous ne serions plus dans un monde caractérisé par la surabondance de biens matériels, mais dans un monde au coeur duquel nous exprimons des besoins et nous cherchons à y répondre en requalifiant les excédents de la société d’hyperconsommation, et ce afin de diminuer nos usages énergétiques.
“Au regard de la variété des pratiques, acteur·ices et objectifs concerné·es par l’économie circulaire, on peut parler de modèle économique à part entière plus que de démarche.”
Une initiative qui n’est cependant pas sans rappeler le Nouvel esprit du capitalisme de Boltanski et Chiapello :
“Dans ce cadre, l’économie circulaire peut s’apparenter à une critique de cette surexploitation, mais aussi paradoxalement lui servir de tremplin si elle ne se détache pas nettement des structures dominantes.”
En guise d’exemple, l’initiative Vinted n’a pas permis de limiter la production des vêtements, mais se situe en étape supplémentaire dans le cycle de vie des produits. On n’en achète pas moins, donc on ne participe pas à réduire la consommation énergétique du secteur.
Une chronique de Virginie Chaput, à retrouver sur toutes les plateformes de streaming audio.


