Fake news et coups de pression : les dessous de la campagne des municipales

Depuis le 22 mars, Lyon et sa Métropole sont dans une configuration inédite. À la tête de la giga-collectivité locale, la droite l’a emporté avec Véronique Sarselli, alors qu’à Lyon, Grégory Doucet a été reconduit à la suite de sa victoire contre Jean-Michel Aulas.

Bien que très médiatique, l’ancien président de l’OL, longtemps favori des sondages, semble avoir perdu des voix en préférant au débat des idées une communication politique quelque peu déconnectée des attentes de ses concitoyens. 

Alors que tout le monde se demande comment la cohabitation va fonctionner, Rue89Lyon vous raconte, dans cet épisode, les coulisses d’une campagne tendue.

À commencer par la position particulière du média durant ces élections : attaqué en diffamation par Jean-Michel Aulas et son fils pour une enquête publiée en 2023, le calendrier a fait que le procès et son délibéré sont tombés en plein milieu de la campagne. 

S’est alors posée une question fondamentale pour la rédaction : comment travailler sur la campagne alors qu’un des candidat·es les attaque en justice ? Bien qu’invité·es à très peu de points presse, cela n’a pas empêché les journalistes d’avoir des relations cordiales avec la boîte de communication de Jean-Michel Aulas, dans un moment où ce dernier était surexposé médiatiquement. 

Iels racontent avoir mis en place leur newsletter spéciale, “Mairie à tout prix”, leur permettant, malgré leur petite équipe, de produire un résumé le plus exhaustif possible des actualités de la campagne, avec un onglet de debunkage des propositions de chaque candidat·e. Néanmoins, Pierre Lemerle explique : 

On utilise beaucoup le terme de debunkage, mais on fait juste notre boulot. On a des annonces, on sort les calculettes, on sort les enquêtes.” 

Ce qui ressort de cette campagne, selon Rue89Lyon, est la faible importance accordée au scrutin métropolitain, malgré son caractère hautement stratégique. Réunissant les compétences d’un département, elle gère également l’organisation des transports, le plan local d’urbanisme ou les politiques sociales, avec un budget entre trois et quatre milliards d’euros. 

On en finissait par se demander si à Paris, certain·es comprenaient vraiment l’enjeu qu’il y avait derrière la métropole.

Une campagne qui a ainsi beaucoup mobilisé la rédaction de Rue89Lyon, laquelle a plus que doublé ses effectifs pour l’occasion, et qui s’est retrouvée dans la situation délicate de devoir sortir des enquêtes parfois quelques jours avant les scrutins.

Les élections réveillent chez des personnes des indignations, des affects, qui vont libérer la parole.

Des enquêtes qui peuvent parfois soulever des interrogations, qu’iels entendent et comprennent, mais que Marie Allenou remet en perspective : 

Si on avait retenu ces informations et qu’on les avait publiées après les élections, est-ce qu’on ne pourrait pas nous reprocher également d’avoir épargné ou pas un·e candidat·e ?

Parfois, il y a des enquêtes qui sortent quelques jours avant des élections, et ça ne veut pas dire qu’on veut influencer l’élection, mais que la logique journalistique n’est pas la même que la logique politique.

Une émission de Rue89Lyon, animée par Pierre Lemerle et Marie Allenou.

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