Julie Bernard, architecte chez LALCA, Hugo Ribes, photographe au sein du Collectif Item, et Guillaume Gourgues, maître de conférence en sciences politiques à l’Université Lumière Lyon 2 et spécialiste des enjeux de démocratie participative, ensemble et depuis leurs prismes respectifs, abordent le sujet et les enjeux associés à la question des marges métropolitaines.
Le narratif selon lequel les métropoles tireraient les territoires derrière elles s’est heurté à la réalité, et on observe aujourd’hui une fracture territoriale grandissante, entre les territoires mais également entre les populations habitant en leurs seins.
“Pour les jeunes, le quartier agit à la fois comme un cocon et un carcan. Un cocon car il protège, notamment des discriminations. Mais à la fois un carcan, parce que pour s’émanciper, il faut pouvoir aller au-delà des murs pour se confronter à d’autres mondes.”
Hugo Ribes
Pour Julie Bernard, la ville s’est historiquement construite “contre”, et cette image perdure aujourd’hui : les villes se construisent contre un ennemi, lequel est mouvant.
“Ce qui est toujours frappant, c’est de voir la double-absence des classes populaires : à la fois elles ne sont pas là, mais cette absence, également, ne fait pas débat, ne pose pas problème.”
Guillaume Gourgues
Une toute petite fraction des intérêts sociaux contrôle aujourd’hui les interactions. Guillaume Gourgues, indique le recours au tirage au sort comme une solution à court-terme pour pallier le manque de diversité dans la représentation, qui finit par ne pas interroger la logique d’ensemble de ces dispositifs. Mais il remarque une fin de cycle face à cette exclusion sociale : “On est dans un moment où tout le monde essaye de définir ce que peut être une participation qui s’ouvre à des intérêts sociaux qui sont aujourd’hui mal représentés.”
“Il y a une morphologie de l’habiter qui est diffuse sur le territoire quand on n’a pas de logement conventionnel.”
Julie Bernard
Quand on est en dehors d’un logement conventionnel, on est contraint de se déplacer pour l’ensemble de ses besoins.
Hugo Ribes s’affirme critique de l’image qui est donnée des quartiers populaires : il décrit une attention pour son quartier qui ne se trouve nulle part ailleurs, alors même que l’on renvoie toujours leurs habitant·es à réfléchir sur leurs quartiers. “Il y réside beaucoup de valeurs dont on pourrait s’inspirer pour notre société”.
Une émission animée par Florian Fomperie.


