La limite cosmologique à laquelle la crise planétaire nous confronte conduit inéluctablement à une question épineuse mais essentielle : pouvons-nous encore imaginer d’autres mondes ? Et si c’est le cas, qui ou quoi occupe la place de ce « nous » pour lequel le monde est monde ? Telles sont les réflexions ouvertes par la philosophe Déborah Danowski et l’anthropologue Eduardo Viveiros de Castro dans leur ouvrage Y a-t-il un monde à venir ? Essai sur les peurs et les fins (Há mundo por vir ? Ensaio sobre os medos e os fins (2014)), dans lequel ils cherchent à diagnostiquer la prolifération de l’imaginaire de la « fin du monde ». Des mythologies, présentes aussi bien dans la culture mondialisée que dans la pensée académique, qui tentent de résoudre cette « séparation » entre « nous » et le monde.
La récente exposition du Centre de Culture Contemporaine de Barcelone, Amazònias. Le futur ancestral, devient ainsi une occasion exceptionnelle de dialoguer avec ces auteur·trice·s autour d’un lieu qui, loin d’être une « forêt vierge » à exploiter ou un « poumon planétaire » à sauver, constitue un conglomérat cosmopolitique qui n’a jamais cessé d’imaginer et de réimaginer ses mondes après plusieurs fins.
Conversation avec Déborah Danowski et Eduardo Viveiros de Castro animée par Jorge Sosa.